L'ISATIC de Luçon devient "Ecole de Journalisme de l'Ouest"
Depuis cinq ans, une école privée dispense une formation en journalisme à Luçon, petite ville du sud de la Vendée. Mal connue sous son nom premier d'Institut supérieur d'application des technologies de l'information et de la communication (ISATIC), l'école espère aujourd'hui faire peau neuve sous un nouveau titre, plutôt clinquant et ambitieux : celui d'Ecole de Journalisme de l'Ouest.
A grand renforts de communication (par voie de presse et sur Categorynet.com, Facebook...) l'école fait connaître son nouveau nom, qui sera officialisé le 14 mars 2008. Une conférence de presse est notamment prévue à Nantes ce même jour, afin de présenter les ambitions de Philippe Boisseleau, directeur délégué de l'école, et de l'équipe pédagogique qu'il dirige.
Pour l'heure, ils soulignent trois points principaux :
• On l'aura bien compris, l'école souhaite une "plus grande visibilité".
• Ensuite, l'équipe pédagogique souligne "les résultats positifs obtenus depuis cinq ans par l'équipe pédagogique". A cet effet, elle souligne les partenariats établis avec des professionnels. Ce sont majoritairement des médias locaux et régionaux tels que Ouest France, Presse Océan, Publihebdos, RCF Vendée, TV Vendée, qui accueillent les élèves stagiaires de l'école depuis plusieurs années. Nul doute que l'école progresse et améliore le sérieux de son image au fil du temps.
• Enfin, l'école souhaite présenter son action, et notamment son projet pédagogique qu'elle veut "irrigué par les valeurs de démocratie, de bien commun et de respect de l’homme". Obédience catholique oblige : rappelons que l'Ecole de Journalisme de l'Ouest est une enfant du groupe des Etablières, qui trouve ses origines en 1924 à La Mothe-Achard, et était à l'époque "confiée à la Congrégation des Frères de St Gabriel".
occupe les locaux de l'ancien séminaire de Luçon
Crédit photo : Ecole de Journalisme de l'Ouest
L'Ecole de Journalisme de l'Ouest offre donc une image prometteuse. Bien qu'encore jeune et en progression, elle semble atteindre progressivement les objectifs fixés depuis sa création. Le diplôme de première année est certifié par la Fédération Européenne Des Ecoles depuis maintenant trois ans, permettant ainsi d'offrir une formation de niveau licence à ses étudiants. Ces derniers peuvent ensuite poursuivre en deuxième année de spécialisation, sur le modèle de nombreuses autres écoles de journalisme.
J'ai eu l'occasion de discuter avec plusieurs étudiants actuels, et ils semblent satisfaits de l'enseignement qui leur est dispensé. Ayant moi même été étudiante pendant un an dans cette école (à l'époque où elle s'appelait encore ISATIC), je dois reconnaître qu'elle m'a permis d'acquérir les techniques rédactionnelles fondamentales, d'obtenir mon tout premier stage, et ainsi de découvrir le métier de l'intérieur.
Plus discutable, le site de présentation de l'école fait état du "bon placement des anciens". Une étude réalisée en interne auprès des anciens aurait en effet permis de dégager des statistiques très positives :
"Pour la promotion 2006-2007, le taux de placement est de 71%. Pour la promotion 2005-2006, ce taux est actuellement de 64 %. Pour la promotion 2004-2005, il est de 90%." (Etude réalisée en février 2008 par l'Ecole de Journalisme de l'Ouest. Le taux de placement inclut les CDI, CDD ou piges assurant un salaire, hors continuation d’études.)
Malheureusement, pour avoir fait partie de la promotion 2005-2006, je sais que le chiffre annoncé cache une grande précarité des étudiants diplômés. Je suis régulièrement en contact avec mes anciens camarades de promo, et les CDD et piges ne sont pas vraiement ce dont ils avaient rêvé.
D'autres ne parviennent absolument pas à vivre de leur métier, comme cette ancienne étudiante qui raconte : "Je suis devenue une parfaite secrétaire standardiste pour un garage de poids lourds : alimentaire, quand tu nous tiens !" Sans parler de moi-même, qui voyant devant moi un avenir assez incertain, ai préféré poursuivre ailleurs mes études de journalisme avant de me lancer. Mais bien sûr, tout cela est le lot des jeunes journalistes de tous horizons.
Plus de renseignements sur le site officiel de l'école.
Quelques élèves de la promotion 2005-2006
Crédit photo : Julien Debernard
Crédit photo : Julien Debernard
(source : maville.com)
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