Contre la LRU, l'IUT de Tours réfléchit à une éventuelle participation
La lutte des classes s'invite à l’université François Rabelais de Tours. Lundi 5 novembre, fin des vacances, les étudiants du site des Tanneurs, la faculté de lettres, langues, arts et sciences humaines tourangelle, votent en assemblée générale un blocus de protestation contre la loi relative aux libertés et responsabilités des universités. Le lendemain, chaises et tables empêchent l’accès aux bâtiments et seul un « service minimum » est assuré pour les étudiants qui préparent des concours.
Le site des Tanneurs fait figure de précurseur tandis que la presse n’en parle pas encore. L’information fait pourtant le tour des écoles et sites universitaires français : la mobilisation s’organise. Selon des sources étudiantes, on apprend que d’autres universités sont bloquées : à Toulouse le Mirail, à Rouen, Paris, Lille…
A l’IUT de Tours, on s’interroge : l’établissement, qui dépend de l’université François Rabelais, va-t-il aussi être bloqué ? Ou va-t-on simplement manifester, réagir ? Mercredi 7 novembre, une première assemblée générale est organisée dans le hall, à l’initiative de quelques étudiants en carrières sociales. Le point est fait sur la situation en France et à Tours.
Devant deux cents étudiants et quelques personnels IATOSS, les porte-paroles font une mise au point : « Le blocus de l’IUT n’est pas prévu, ce n’est pas dans nos objectifs. L’enjeu de cette réunion, c’est le décryptage de la loi, c’est de donner des informations sur cette loi qui nous concerne, pour qu’on puisse construire notre propre opinion », explique Thibault, étudiant en 2ème année de carrières sociales à l’IUT. « Et décider ce que l’on souhaite faire, si l’on veut agir ou non. Notre décision doit être réfléchie. » Assis par terre, les étudiants lèvent leurs mains et les agitent en signe d’approbation.
La plupart ne souhaitent pas que leur établissement soit fermé par la force, craignant pour la valeur de leurs diplômes. La crise du CPE, au printemps 2006, ils s’en souviennent, et ne veulent pas recommencer. Parmi ces étudiants, les plus virulents sont les « anti-bloqueurs ». L’un d’entre eux réagit avec colère sur le site web qui commente l’actualité de la faculté des Tanneurs, particulièrement exaspéré comme l’indique son pseudonyme sur internet : « Les gentils petits étudiants gauchistes font leur "crisouille" annuelle. Vous n’en avez pas marre d’emmerder le monde chaque année ? »
Pourtant, s’ils ne sont pas favorables au blocage des établissements, les étudiants ne soutiennent pas non plus la loi. La question est énoncée clairement à l’assemblée de l’IUT de Tours : « Nous voudrions que les personnes qui trouvent de bons côtés à la loi sur l’autonomie des universités s’expriment également, afin d’enrichir le débat ». Pas un mouvement dans l’assemblée. « Allez-y, si vous êtes pour, manifestez-vous… c’est important », insiste un autre étudiant. Toujours aucune réponse. Une main se lève, demandant son tour de parole : « Bon, je crois que c’est clair : cette loi on n’en veut vraiment pas. »
Dans les IUT pourtant, les enjeux et conséquences de la loi devraient être différents de la situation attendue dans les universités classiques. Mais les étudiants disent réfléchir plutôt « à l’avenir de leurs enfants ». Ils veulent se battre pour « des idéaux », pour une « société dans sa globalité ». Comme pendant les manifestations anti-CPE, ces étudiants semblent globalement révoltés contre l’avenir qu’on leur propose. Facultés bloquées ou non, ils considèrent que leur « combat dépasse le cadre de la révolte contre des lois, que ce soit la LRU ou le CPE ». Le malaise profond entre les étudiants et la politique actuelle n'est pas prêt de se calmer.
Quelques liens utiles :
- Plus d'informations sur la LRU (wikipedia)
- Le texte de loi officiel (légifrance)
- Les "bruits de couloirs" des Tanneurs, à Tours (blog)
- Et le site officiel de l'université de Tours.
Le site des Tanneurs fait figure de précurseur tandis que la presse n’en parle pas encore. L’information fait pourtant le tour des écoles et sites universitaires français : la mobilisation s’organise. Selon des sources étudiantes, on apprend que d’autres universités sont bloquées : à Toulouse le Mirail, à Rouen, Paris, Lille…
A l’IUT de Tours, on s’interroge : l’établissement, qui dépend de l’université François Rabelais, va-t-il aussi être bloqué ? Ou va-t-on simplement manifester, réagir ? Mercredi 7 novembre, une première assemblée générale est organisée dans le hall, à l’initiative de quelques étudiants en carrières sociales. Le point est fait sur la situation en France et à Tours.
Devant deux cents étudiants et quelques personnels IATOSS, les porte-paroles font une mise au point : « Le blocus de l’IUT n’est pas prévu, ce n’est pas dans nos objectifs. L’enjeu de cette réunion, c’est le décryptage de la loi, c’est de donner des informations sur cette loi qui nous concerne, pour qu’on puisse construire notre propre opinion », explique Thibault, étudiant en 2ème année de carrières sociales à l’IUT. « Et décider ce que l’on souhaite faire, si l’on veut agir ou non. Notre décision doit être réfléchie. » Assis par terre, les étudiants lèvent leurs mains et les agitent en signe d’approbation.
La plupart ne souhaitent pas que leur établissement soit fermé par la force, craignant pour la valeur de leurs diplômes. La crise du CPE, au printemps 2006, ils s’en souviennent, et ne veulent pas recommencer. Parmi ces étudiants, les plus virulents sont les « anti-bloqueurs ». L’un d’entre eux réagit avec colère sur le site web qui commente l’actualité de la faculté des Tanneurs, particulièrement exaspéré comme l’indique son pseudonyme sur internet : « Les gentils petits étudiants gauchistes font leur "crisouille" annuelle. Vous n’en avez pas marre d’emmerder le monde chaque année ? »
Pourtant, s’ils ne sont pas favorables au blocage des établissements, les étudiants ne soutiennent pas non plus la loi. La question est énoncée clairement à l’assemblée de l’IUT de Tours : « Nous voudrions que les personnes qui trouvent de bons côtés à la loi sur l’autonomie des universités s’expriment également, afin d’enrichir le débat ». Pas un mouvement dans l’assemblée. « Allez-y, si vous êtes pour, manifestez-vous… c’est important », insiste un autre étudiant. Toujours aucune réponse. Une main se lève, demandant son tour de parole : « Bon, je crois que c’est clair : cette loi on n’en veut vraiment pas. »
Dans les IUT pourtant, les enjeux et conséquences de la loi devraient être différents de la situation attendue dans les universités classiques. Mais les étudiants disent réfléchir plutôt « à l’avenir de leurs enfants ». Ils veulent se battre pour « des idéaux », pour une « société dans sa globalité ». Comme pendant les manifestations anti-CPE, ces étudiants semblent globalement révoltés contre l’avenir qu’on leur propose. Facultés bloquées ou non, ils considèrent que leur « combat dépasse le cadre de la révolte contre des lois, que ce soit la LRU ou le CPE ». Le malaise profond entre les étudiants et la politique actuelle n'est pas prêt de se calmer.Quelques liens utiles :
- Plus d'informations sur la LRU (wikipedia)
- Le texte de loi officiel (légifrance)
- Les "bruits de couloirs" des Tanneurs, à Tours (blog)
- Et le site officiel de l'université de Tours.
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