Jérôme Perrot, candidat aux concours des écoles de journalisme

Jérôme Perrot est l’un des candidats aux écoles de journalisme. L'an dernier, il avait déjà tenté les concours, sans succès. Mais la volonté de réussir ne l'a pas quitté. Bac ES, maîtrise de lettres modernes et master en études cinématographiques en poche, il est correspondant local pour Ouest-France, rédacteur culture sur Osezledire.com, anime un "blogzine" culturel ainsi qu’un blog photo personnel... Car il a déjà un goût et une compétence particulière pour tout ce qui touche à la culture, notamment en cinéma et musique.
 
Cette année, tu retentes les concours d’entrée des écoles de journalisme. Où en es-tu exactement ?
Je me suis inscrit pour le concours de l'
ISFJ Paris (école non reconnue), que j'ai obtenu. Je suis aussi convoqué pour les écrits de l'IFP à Paris, l'IJBA à Bordeaux, l'ICM à Grenoble et l'EJT à Toulouse. Je n'ai malheureusement pas été retenu à Tours, alors que j'avais pu me présenter aux écrits l’an dernier. Pourtant, mon CV est aujourd’hui bien plus musclé niveau expérience. Va comprendre...
 
Il y a énormément de formations ou écoles de journalisme en France.
Comment as-tu fait ton choix ?

Je me suis basé sur ma connaissance des écoles. J’ai tenu compte de la difficulté du concours, de l'attrait de la région en termes d'emploi et de stages. Mais ce qui a joué aussi, c’est mon ressenti général après avoir échoué l'année dernière à certains concours.
En bref, je me suis appuyé sur une logique assez prosaïque : vais-je être plus attrayant qu'avant sur le marché du travail, vais-je produire du contenu journalistique plus intéressant, pourrai-je changer facilement de média, de rubrique ?

Qu’attends-tu de ces écoles ?
Une garantie sur le marché de l'emploi, une formation aux médias qui me sont inconnus, de bons stages qui riment avec de bons contacts (!) et toute la stimulation intellectuelle, professionnelle et humaine que procurent les études.

Mais t’es-tu renseigné sur ton possible avenir post-diplôme ?
25% de chômage, ça ne te fait pas peur ?

Non, ca me désole plutôt. Quant à mon avenir, j'ai déjà, à mon grand bonheur, deux portes de rédactions qui me sont entrouvertes.


Mais pourquoi une école devrait-elle te prendre, plutôt qu’un autre candidat ?
Je ne viens pas à cette profession pour faire du tourisme, mais par passion, conscience et envie de faire partie des nouveaux acteurs de ce beau métier secoué par beaucoup de remous actuellement.
 
Selon toi, comment se passe la formation des journalistes ?
Ne nous le cachons pas : surtout sur le terrain et au contact de collègues avec beaucoup d'heures de vol.

Alors pourquoi ne pas chercher du travail directement ?

Je veux avoir au maximum la liberté d'avoir le choix du média avec lequel je collabore. Avoir étudié dans une école de qualité est un des moyens d'avoir ce choix.
 
Comment t’es-tu préparé pour les concours ?
Tout à l'inverse de l'année dernière après une soi-disant "Prépa aux écoles de journalisme" (à Angers, ndlr) : en écrivant le maximum pour des vrais médias, en allant sur le terrain, en m'investissant dans des projets, en conservant une vivacité intellectuelle que l'on a pas si on a le nez collé dans son journal tout le temps ou si on se donne l'illusion d'être des spécialistes sur tous les sujets... Ceci dit, beaucoup de lectures diverses et de fiches d'actu inévitablement au programme...

Et ça va, pas trop les yeux explosés à éplucher la presse au quotidien ?

Non, je ne la lis même pas tous les jours, j'alterne entre plusieurs supports. À « éplucher », je préfère me passionner pour les grands articles de fond et lire plus sommairement le reste.

Petite vérification : quel est le nom du mec qui a battu Darcos aux municipales ?
Michel Moyrand (Ca sert d'avoir des amis à Périgueux !)

Selon toi, c'est quoi, une gouttière ?
C'est un terme de typographie. C'est l'espace vertical entre deux colonnes, non ?

 Et si jamais tu ne réussirais pas les concours ?
As-tu prévu des solutions de secours ?
J'ai déjà une école qui m'attend à Paris (l’ISFJ, ndlr). Et dans tout les cas, j’espère trouver très vite un chouette journal ou un magazine dans lequel je pourrais écrire de jolis papiers, que j'espère les moins consensuels possibles.
 
Tu aimes Paris ?
Pas pour y vivre, mais on ne fait pas toujours ce qu'on veut dans la vie.

Serais-tu prêt à corrompre tes enseignants ?
Pour avoir un stage à Libé ou au Canard Enchaîné, sans complexe aucun.

Es-tu de droite ? Penses-tu qu'aujourd'hui, il vaut mieux l'être pour survivre dans le journalisme ?
 Je pense surtout qu'il faut être intègre et fidèle à ses idées.
 
Sais-tu qu'en travaillant dans la communication tu gagnerais 3 à 4 fois plus ?
Je ne m'interdis pas de travailler dans la communication quand je serais plus vieux. Mais intellectuellement c'est quand même bien moins stimulant d'écraser la petite bête que de la chercher !
 
Et disons qu’on a le droit de rêver, quel serait ton idéal d’avenir journalistique ?
J'adorerais explorer plein de domaines et de médias inconnus, mais je n'ai aucun à priori. J'aime beaucoup Libération, Le Monde 2, Le Canard Enchainé, Positif... Réaliser de beaux sujets de journaliste reporter indépendant, tout en disposant d'une pige stable dans un quotidien serait super chouette.
 
Enfin, pour finir, un petit mot aux autres candidats ?
Bonne chance, sauf aux candidats de l'IFP de Paris, l'ICM de Grenoble, l'EJT de Toulouse et l'IJBA de Bordeaux ! ;-)