Augustin Legrand, jeune journaliste en "Orbeat"


Augustin Legrand, 26 ans, étudiant en journalisme à l’IUT de Tours, s’est lancé il y a deux ans dans la voie du journalisme au travers d’
Orbeat, un magazine musical gratuit. Une histoire d’amitié aux allures de success story.

Comment a commencé l’aventure Orbeat ?
Augustin Legrand : C’était en 2005, moi et mes amis n’avions plus envie de poursuivre nos études. On s’est demandé quel projet on pourrait réaliser ensemble. On aimait vraiment tous le rap, alors on a mis nos connaissances en commun pour créer un magazine gratuit sur le hip-hop. L’un d’entre nous avait des notions en droit, il s’est occupé de la partie juridique. Un autre, diplômé d’un BTS en communication et en management, s’est occupé de la promotion et du démarchage publicitaire. Moi, j’ai apporté mon style d’écriture. Depuis très longtemps, j’avais envie d’être journaliste. Mais croyant ce métier inaccessible, je m’étais orienté vers la sociologie, pensant que je tenterais le journalisme plus tard. Orbeat, c’était l’occasion d’apprendre, mais aussi de prendre confiance en moi tout en développant ma crédibilité.

Quelle est la spécificité de votre magazine ?
A.L. : Nous essayons de tenir une ligne éditoriale sérieuse, c'est-à-dire que nous faisons en sorte que, lorsque le lecteur referme Orbeat, il a réellement appris des choses. Nous essayons de donner des informations sérieuses et à la fois ludiques. Nous ne voulons pas miser uniquement sur la forme, mais aussi sur un travail de fond : de vrais dossiers un peu poussés, et de vraies analyses.
On parle avant tout de musique. Ce que j’aime plus particulièrement, ce sont les musiques classiques, historiques et noires américaines, le « background » de la musique américaine en fait. Cela n’existait pas encore dans les autres magazines hip-hop, qui restent très orientés hip-hop sans aller au fond des choses, sans essayer de comprendre de manière un peu sociologique et historique, comment ce mouvement s’est développé. On dit que pour comprendre où l’on va, il faut d’abord comprendre d’où l’on vient. Je pense que pour la musique c’est pareil. Et donc dans Orbeat on parle de musique mais aussi de sport, de culture, des arts, du graphisme, et de plein d’autres choses.

N’est-ce pas difficile de mener un tel projet entre amis ?
A.L. : C’est souvent un peu compliqué. Il y a des choses que l’on ne peut pas gérer comme si nous étions une véritable entreprise, avec une hiérarchie bien définie. Il y a donc des tensions, et je dois parfois arrondir les angles. Mais Orbeat est tout de même un organe de presse reconnu, enregistré officiellement. Même si le rythme du magazine, normalement mensuel, n’est pas encore régulier et si l’on se paye seulement de temps en temps, lorsqu’on le peut.

Mais alors, comment fonctionne la rédaction ?
A.L. : Une partie de la rédaction est basée à Tours, et l’autre à Paris. Au total, pour réaliser le magazine nous sommes quatre journalistes, avec un rédacteur en chef et il y a aussi un graphiste, et une régie publicitaire. Nous avons aussi des correspondants à Marseille, Toulouse ou Nantes, des villes qui font l’actualité musicale et culturelle. Nos correspondants relaient les informations et écrivent aussi des articles. Personnellement, je m’occupe surtout du contenu rédactionnel du magazine, et des contacts avec les artistes.

Quelles sont vos perspectives d’avenir avec Orbeat ?
A.L. : Nous avons, il y a quelques semaines, lancé une émission télévisée du même nom en coproduction avec la chaîne locale TV Tours. Cette première émission a été un peu difficile à réaliser : nous avons dû remplacer à la dernière minute la journaliste qui devait l’animer, car elle a eu un accident de scooter ! Un ami a pris le relais, et j’ai demandé à une étudiante en journalisme d’assurer une partie de l’émission sous forme de chronique. Au final, tout s’est très bien passé : notre invité, le rappeur Passi, était content. Il est reparti tout sourire.


Découvrir Orbeat :
Deux exemplaires sont en téléchargement libre (format PDF) :
août 2006, et avril 2007.
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