Leçon n°12 : L'avenir appartient au journaliste pigiste

Publié le par Maude ML


Un guide de survie du journalisme à la pige, voilà ce que propose le journaliste pigiste canadien Nicolas Ritoux. Intitulé "Les 12 étapes du rétablissement", ce court ouvrage de seize pages expose la réalité des pigistes et la difficulté de leur situation, et offre en 12 leçons des pistes de réflexion et des techniques pour tirer le meilleur profit possible de leur savoir-faire.

La pige, modèle dominant pour l'avenir ?
L'auteur entend surtout briser le cou aux idées reçues, et valoriser la réputation des pigistes : "On entend bien des préjugés et des idées préconçues sur la pige, autant parmi nos confrères salariés que parmi les pigistes eux-mêmes. Ce guide de survie a pour but de rétablir certains faits, tout en réunissant les principes et outils de base pour libérer tout le potentiel de la pige."
Selon lui, "alors que les médias se transportent inexorablement vers le Web, et que le journalisme se «désinstitutionnalise» hors des salles de nouvelles et des médias traditionnels, la pige va devenir le modèle dominant pour la nouvelle génération de journalistes. " Le moment idéal donc, pour lancer une réflexion sur le statut de pigiste.

Démarche éducative
À l'origine, il y eut une conférence, présentée pour la première fois le 30 septembre 2009 auprès de l'Association des journalistes indépendants du Québec. Une conférence intitulée "Pigistes anonymes", qui s'est vite trouvée accompagnée d'un livre résumant la conférence, et que son auteur a choisi de présenter gratuitement sous forme électronique (PDF) sur son site Pigistes anonymes. "Au départ, je voulais simplement écrire un billet sur mon blogue, résumant quelques idées sur la pratique idéale de la pige", explique Nicolas Ritoux. "De fil en aiguille, le projet s'est étoffé. Lorsque je suis arrivé à 12 chapitres, je n'ai pas pu m'empêcher de faire l'analogie avec les 12 étapes du rétablissement des Alcooliques Anonymes. Nous aussi, à notre façon, avons quelques pentes à remonter !"
Ce guide s'adresse notamment aux étudiants en journalisme qui, selon Nicolas Ritoux, ne sont pas suffisamment exposés aux réalités de la pige : "Déjà lourdement chargés en enseignements, la plupart des programmes de journalisme n'ont pas la place d'inclure certaines notions essentielles pour les étudiants qui se destinent à la pige. Pourtant, la grande majorité d'entre eux seront appelés à faire de la pige à un moment ou l'autre de leur carrière. Certains en feront même un statut permanent."

Bien que rédigé au Canada par un pigiste canadien, les idées énoncées dans ce livre s'appliquent totalement à l'activité de pigiste en France. Une ressource de plus - qui ne remplace évidemment pas l'ouvrage de référence Le Guide de la pige - pour tous ceux qui se lancent dans le métier, ou souhaitent améliorer leur réputation en tant que pigiste.

Pour aller plus loin :

- Pigistes Anonymes, à suivre en version blog, et aussi sur Twitter et Facebook
- Profession pigiste, l'association des journalistes pigistes de presse écrite
- "Difficile de solidariser les pigistes", compte rendu de l'intervention de Yann Kerveno au débat "Pigiste en Europe", aux Assises internationales du journalisme, le 7 octobre 2009
- "Je suis un ouvrier du journalisme", interview de Pierre Viallet, journaliste par passion, freelance par défaut, à l'occasion des Assises internationales du journalisme 2009.

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O
<br /> Et tu a lu aussi le bouquin  de anne et marin rambach sur les intellos précaires ? Intéressant mais  çà va te faire un peu peur ..... Lol<br /> <br /> Bien amicalement<br /> <br /> <br />
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M
<br /> Non, j'avoue qu'il me tente, mais en même temps je n'ai pas envie de céder au pessimisme ambiant ! :)<br /> <br /> <br />
M
<br /> il ya quelques différences quand même, notamment au niveau du paiement. En Fr, les pigistes sont salariés et payés en salaire, là-bas ils sont indés et facturent eux-mêmes leurs prestations. Je<br /> suis d'accord avec la plupart des choses écrites dans ce petit manuel sauf celle du paiement. Le paiement en salaire nous met sur un pied d'égalité avec les journalistes en poste et nous garantit<br /> un licenciement si le mag ferme, les assedic si une pige s'arrête... (encore faut-il faire valoir ses droits, bien sûr). Donc pour moi il est inconcevable de devoir facturer mes prestations.<br /> Je suis une journaliste comme une autre et puis je n'ai pas envie de m'emmerder avec de la compta, j'ai déjà assez à faire en démarches commerciales pour trouver d'autres piges...<br /> <br /> <br />
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N
<br /> Merci pour ce billet ! On peut aussi voir ma présentation en vidéo ici : http://www.vulusu.ca/archives/1454<br /> <br /> <br />
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