Stages hors cursus : la loi qui changea tout

Publié le par Maude ML

Souvenez-vous : au printemps 2006, des milliers de gens, jeunes et moins jeunes, manifestaient dans les rues contre le fameux CPE. Puis vint la Loi sur l'Egalité des Chances. Quel joli nom, vous serez d'accord avec moi. Mais dans le contenu ? Aujourd'hui, certains points coincent. Partant d'une bonne intention, on a réduit les "chances" pour les jeunes de trouver des stages. Petit aperçu.


Vu sur les forums :

"On ne délivre plus de convention de stage pour des stages hors cursus... très pratique quand la convention est réclamée obligatoirement... "

"Il faut un enseignant tuteur (dans mon cas mon directeur de recherche), qui justifie du stage dans le cadre du cursus, en application de la loi sur l'égalité des chances. Bref, moi ça a pô été possible... Sad "

"Comment on fait pour accéder à des trucs intéressants sinon par le stage?
Moi je serais ravie de bosser en étant payée mais déjà pour les stages on demande bac + 5, expérience dans le domaine pour un poste à responsabilités, alors pour un boulot rémunéré...! "

"Dans mon UFR, qui n'a rien à voir avec du journalisme, puisque c'est un UFR de langues, aucun prof n'a accepté de signer une convention, les uns parce que ils ne me connaissaient pas et les autres, parce qu'ils trouvaient ça malhonnête..."

"
La fac ne mène à rien à part le professorat, et que ce n'est qu'en faisant des stages (dans des boulots qui sont ouverts, évidemment pour être médecin c'est autre chose) qu'on peut réussir à s'en sortir..."

"
Ils m'ont accepté sans convention, en me faisant passer sous le statut de bénévole au niveau des assurances."


La Loi sur l'Egalité des Chances partait assurément d'un bon sentiment. En ce qui concerne les stages et stagiaires, il s'agissait de mettre fin aux situations d'inégalité et aux discriminations, favoriser l'emploi des jeunes, éviter les abus des professionnels...

 
Article 9

Les stages en entreprise (...) font l'objet entre le stagiaire, l'entreprise d'accueil et l'établissement d'enseignement d'une convention dont les modalités sont déterminées par décret. Ces stages, à l'exception de ceux qui sont intégrés à un cursus pédagogique, ont une durée initiale ou cumulée, en cas de renouvellement, qui ne peut excéder six mois.

 

Lorsque la durée du stage est supérieure à trois mois consécutifs, celui-ci fait l'objet d'une gratification dont le montant peut être fixé par convention de branche ou par accord professionnel étendu ou, à défaut, par décret. Cette gratification n'a pas le caractère d'un salaire au sens de l'article L. 140-2 du même code.


A ce texte vient s'ajouter, le 26 avril 2006, une Charte des stages étudiants en entreprise. Et c'est là que commence l'hécatombe, toujours en partant de bons principes !

En introduction, le texte reconnaît que le stage est fondamental et indispensable pour mettre un pied dans l'entreprise. MAIS du fait de cette finalité hautement pédagogique, "il ne peut y avoir de stage hors parcours pédagogique". Le stagiaire doit avoir obligatoirement un référent dans son école et un référent en entreprise, il doit y avoir communication entre eux et un véritable suivi de l'étudiant ou élève. L'évaluation est également obligatoire

Et comment fait-on lorsque notre soi-disant parcours pédagogique universitaire est trop large pour considérer le stage comme inclus dans ce même parcours, ou quand les professeurs ne veulent pas s'ajouter de travail en suivant un stagiaire ? Ainsi, une étudiante en lettres et langues s'est vu refuser un stage en journalisme alors que le métier est pourtant ouvert à toutes les disciplines...
On assiste alors à l'effet inverse : en améliorant l'égalité des chances, on réduit les chances de tous.


Publié dans Société

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STAGE4U 28/07/2016 10:00

Bonjour,
Les choses ont bien changé depuis la réforme du code de l'éducation et la loi du 10 juillet 2014 !

melc 26/06/2007 10:50

tiens à propos des stagiaire...
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=26163

gavroche 26/06/2007 05:11

Mélanie, ce qui me fout les boules c'est la politique des groupes de presse en matière salariée, aps que des étudiants essaient d'avoir une petite expérience...
faut pas confondre les causes et les conséquences et s'opposer les uns aux autres...
les étudiants stagiaires sont les futurs pigistes, n'oublie pas !
dans un autre genre ton discours reviendrait " a ces immigrés qui nous piquent notre travail !"
mais je suis d'accord, un stage devrait etre rémunéré.
Mais sinon en histoire faire unstage en... histoire ?
euh tu vas rigoler mais tu sais commbien y'a d epostes créés chaque année e tcombien y'a de prétendants aux concours de prof ? les chiffres n'ont rien a voir avec ceux des concours des écoles de journalisme !
alors fatalement ces étudiants cherchent du boulot ailleurs ! c'est mon cas ! avec un dea d'histoire ! tu ne peux pas reprocher aux gens d'essayer de vivre, non ?
au lieu d'hurler a la concurrence déloyale, faudrait un peu plus de solidarité pour des luttes communes !
 

melanie 20/06/2007 11:30

je ne suis pas d'accord.
tu fais un stage en journalisme parce que tu as l'option journalisme ?
quoi de plus normal ? maintenant que quelqu'un qui fait histoire ou math j'en sais rien fasse un stage de journalisme, non, je ne vois pas le rapport désolé. pourquoi ne fait-il pas un stage dans la branche dans laquelle il s'est orienté ?
les stages ne mènent que très rarement à une embauche et ils freinent le travail des pigistes. Ben oui, vu que les étudiants se battent pour faire des stages, maintenant les pigistes soit on leur propose de travailler gratos, soit on leur faite gentiment comprendre qu'un stagiaire fera le même travail qu'eux mais pour moins cher, voire gratuit. Je sais de quoi je parle, je suis confrontée moi-même à ce pb.
Autre chose, ok rien à voir avec ce que je disais prédement, mais je pense que les stages doivent être payés et surtout limités dans la durée. Un stage de 6 moi à 1 an, ça ne devrait pas exister. ça revient à dire que c'est un travail et la place pourrait être occupée par un professionnel, une personne au chômage, ou autre, mais pas un étudiant. vous verrez quand vous serez de l'autre côté, du côté obscur de la force et que vous vous faites "voler" votre job par un stagiaire, ça fout les boules !
 
 

Maude ML 21/06/2007 14:04

Bien souvent les étudiants en filières générales se battent pour faire des stages s'il souhaitent :- découvrir le métier et confirmer leur projet d'orientation (c'est le but premier des stages),- rentrer en écoles de journalisme reconnues (il faut souvent un CV déjà bien fourni pour appuyer sa motivation)Et on ne peut pas vraiment dire qu'il y ait une filière "type" pour devenir journaliste, puisque la profession est ouverte à tous les parcours préalables.Enfin, je tiens à souligner que je comprends ton désarroi. La question des abus des stages est évidemment un problème difficile à résoudre.

Mélissa 16/06/2007 14:23

C'est exactement ça....je suis en première année de lettres et j'ai réussi à obtenir un stage dans une grande rédaction uniquement car j'ai option journalisme. Aucun autre prof n'aurait accepté de me remplir ma convention de stage....
Je rêve de devenir journaliste de presse écrite depuis que je sais écrire mais je commence à me dire que ça risque de rester un rêve....
Ton CV est impressionnant! Félicitations et bonne route à toi!

Maude ML 18/06/2007 11:48

C'est encore un mauvais signe pour les facs ! Alors qu'on voulait les rapprocher des milieux professionnels...Bon courage !