Un vaccin contre le SIDA

Publié le par Maude ML

Pour poursuivre sur le thème de la lutte contre le Sida...

...parlons un peu de l'Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS), créée en 1992, qui est en train de mettre au point un vaccin contre le Sida. Pour ce faire, un réseau de personnes volontaires participant à un essai vaccinal comptant plus de 700 personnes a été constitué. Avec l'opération « Volontaires pour un vaccin », elle invite les français et françaises à rejoindre les 724 personnes qui sont déjà engagées dans ce réseau de « volontaires ».


Les essais consistent en l'exposition du système immunitaire des individus volontaires à un pseudo-agent infectieux (un virus de synthèse) qui ressemble à l'agent pathogène (le Sida) mais qui n'est pas dangereux pour l'organisme. Néanmoins, le système immunitaire l'identifie comme un agent infectieux et bâtit contre lui une défense qu'il garde en mémoire. Il se peut alors que le patient développe une "fausse" séropositivité, dûe à cette réaction du système immunitaire mais cependant sans conséquence réelle.

Dans la recherche vaccinale, les essais s'échelonnent schématiquement de la phase I à la phase III. Chaque phase est engagée en fonction du degré d’avancement des préparations vaccinales. Le nombre de personnes qui y participent et les objectifs de ces essais sont différents dans les trois cas.

Les essais de phase I sont menés sur des groupes de personnes séronégatives, à très faible risque d’être infectées par le VIH. Ils ont pour but d’évaluer la tolérance de l’organisme aux préparations vaccinales et leur capacité à induire des réponses immunitaires.

Depuis 1992, quinze essais ont été réalisés par l’ANRS ou sont en cours. C’est seulement quand un essai de phase I a montré qu’un produit est bien toléré et induit des réponses immunitaires fortes, dirigées contre plusieurs protéines du virus et persistantes, que le produit est évalué en phase II, sur un plus grand nombre de personnes présentant les mêmes caractéristiques qu’en phase I. L’efficacité de la préparation vaccinale ne peut être testée dans un essai de phase III, mené sur plusieurs milliers de personnes appartenant à des groupes exposés aux risques de contamination, que lorsque les phases I et II ont été concluantes. Les essais qui ont pour l'instant été menés par l’ANRS sont de phases I et II.
Les essais ne débutent que lorsque toutes les garanties scientifiques et éthiques sont acquises. En particulier, ils doivent avoir obtenu l’avis favorable d’un Comité de Protection des Personnes (CPP), ainsi que la loi Huriet modifiée et intégrée au Code de la santé publique l’exige (article L1121-1 et suivants du Code de la santé publique).



Les conditions pour être volontaire sont simples :
- être séronégatif au test de dépistage du VIH
- être âgé de 21 ans à 54 ans
- ne pas souffrir de problèmes de santé graves

Attention : Participer à un essai ne signifie pas être protégé contre le virus du sida. Il est donc nécessaire de continuer à se protéger contre les risques de contamination.
Des effets secondaires sont aussi à prendre en compte : des réactions comme des douleurs au bras, une fièvre passagère, de la fatigue, peuvent se produire dans la période qui suit l’administration de la préparation vaccinale. Par ailleurs, comme dans tout essai médical, on ne peut exclure qu’une personne puisse avoir une réaction indésirable, par exemple allergique, en dépit des précautions prises lors des étapes de recrutement. Les services hospitaliers dans lesquels se déroulent les essais ont reçu l’agrément des pouvoirs publics pour les réaliser et disposent de l’ensemble des moyens pour faire face à ce type de situation.
Au cours d’un essai, il ne vous sera pas non plus possible de faire don de votre sang. De même, durant cette période, il ne vous sera pas possible d’être inscrit au fichier France Greffe de Moelle des donneurs de moelle osseuse. Si vous êtes une femme, la participation à un essai est incompatible avec une grossesse.
Enfin, il faudra pouvoir se rendre assez disponible. Certains essais nécessitent plusieurs mois de suivi. Durant cette période, les personnes volontaires doivent pouvoir se rendre à des consultations, en moyenne une fois par mois.

L’ensemble des centres cliniques vaccinaux de l’ANRS sont mobilisés pour participer aux nouveaux essais :

- A Paris et en banlieue : l’Hôpital Cochin, l’Hôpital Tenon et l’Hôpital Henri-Mondor (Créteil)

- A Nantes : l’Hôpital de l’Hôtel-Dieu

- A Marseille : l’Hôpital Sainte-Marguerite

- A Toulouse : l’Hôpital Purpan


Source : www.jesuisvolontaire.fr et France 3 Ouest
(Journal 19/20
du 12 décembre 2006, région des Pays de la Loire).
Numéro vert ANRS : 0800 156 156


Publié dans Société

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