Moussa Kaka, journaliste pour RFI, toujours prisonnier au Niger

Publié le par Maude ML

Le 20 septembre 2007, Moussa Kaka, journaliste correspondant de Radio France Internationale au Niger et directeur de la radio Saraounia à Niamey, est arrêté et écroué, inculpé de “complicité de complot contre l’autorité de l’Etat” (pour en savoir plus sur les circonstances de l'arrestation, cliquez ici). Alors que le Moussa Kaka vient d’achever une année complète dans une cellule de la maison d’arrêt de Niamey, des manifestations étaient organisées vendredi 19 et samedi 20 septembre. A RFI tout d'abord, les salariés ont exprimé, à la veille du premier anniversaire de son incarcération, leur "soutien à leur collègue et ami", au cours d'une marche silencieuse au pied de la Maison de Radio-France à Paris.



Le lendemain, samedi 20 septembre, une marche blanche pour la libération de Moussa Kaka était conduite par l'association Internet sans frontières, de la place de l'Etoile à Paris jusqu'à l'ambassade du Niger.
Je m'y suis rendue, mais y ai trouvé une mobilisation plutôt faible. Est-ce dû aux Journées du Patrimoine ou bien à la Technoparade, qui avaient lieu à Paris ce jour-là, ou bien encore à la requalification, quatre jours plus tôt, des accusations de “complicité d’atteinte à l’autorité de l’Etat” contre Moussa Kaka en “acte tendant à nuire à la Défense nationale“ ?
Tout au plus une trentaine de personnes étaient présentes, qui ne sont pas allées plus loin que l'entrée de la rue de Longchamp, où se trouve l'ambassade du Niger.
Une délégation de cinq personnes est tout de même descendue déposer  une poignée de roses blanches devant la porte de l'ambassade du Niger. Une porte restée close, tout comme celle de la prison de Niamey où est enfermé Moussa Kaka.
Le 7 octobre prochain, la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Niamey dira si elle confirme le non-lieu ou si elle re-qualifie les faits reprochés à Moussa Kaka. Le site d'Internet sans frontières indique que "dans cette hypothèse, le journaliste serait poursuivi pour avoir commis des actes tendant à nuire à la défense nationale du Niger en temps de guerre, un délit, et non plus pour complicité d’atteinte à l’autorité de l’Etat, un crime."

Photos Maude Milekovic-Leroy - Tous droits réservés.


Lectures parallèles :

- Une interview de Moussa Kaka par Ramata Soré pour le Dakar Bondy Blog, recueillie le 29 décembre 2007, au 100e jour d'emprisonnement : "Personne ne pourra m'empêcher de parler du sujet touareg". Ainsi que le récit d'
une autre rencontre avec Moussa Kaka, plus récente, au parloir de la prison de Niamey en juin dernier.
- Le témoignage de Me Moussa Coulibaly, bâtonnier de l’ordre des avocats de Niamey, avocat de Moussa Kaka, sur le site de Reporters sans frontières, le 19 septembre 2008.
- Pour suivre toute l'actualité et en savoir plus sur Moussa Kaka, le site officiel du comité de soutien "Libérez Moussa RFI" et le
groupe Facebook pour la libération de Moussa Kaka.

Publié dans Médias

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M
je trouve que c'est un peu "fort" d'emprisonner les gens dès qu'ils essayent de faire leur métier... même si je ne suis pas toujous d'accord avec les médias car les info ne sont pas toujours objective, c'est quand même horrible de se faire arrêter pour vouloir dire au monde la 'vérité'.
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