La "toute toute première fois" des jeunes journalistes

Publié le par Maude ML


Le premier saut à l'elastique pour un journaliste, c'est lorsqu'il doit écrire son nom en bas d'un article d'un journal, à la fin d'un reportage télé, ou bien encore signer de sa propre voix en radio "Untel à tel endroit pour radio machin". Ces premiers émois demeurent inoubliables. Puis rapidement, on s'habitue... Mais à chaque changement de média, la première signature retentit comme l'écho d'une intégration réussie.

J'ai vécu l'une de ces premières fois la semaine dernière, en stage à Canal 15. C'est toujours une étape importante d'assumer en son nom un travail rendu public. Le sentiment d'avoir franchi un cap, d'être arrivé à quelque chose de concret. Un mélange de soulagement et de
fierté.
Ma vraie première fois remonte (déjà !) à deux ans. Je m'en souviens comme si c'était hier. C'était pour un hebdomadaire local
, on m'avait envoyée couvrir le vernissage d'une exposition dans le hall de la mairie... Le tout premier article publié et signé, au cours de mon premier stage, et dès le premier jour. J'en ai bien fait une dizaine de photocopies, classées ensuite dans mes dossiers ou distribuées dans ma famille.

Articles non identifiés
Pourtant, aussi étrange que cela puisse paraître, certains négligent l'intérêt de la signature. Tout d'abord, pour des raisons de statuts : en presse hebdomadaire et quotidienne régionale par exemple, les correspondants n'ont généralement pas le droit de signer. Tout comme certains stagiaires, selon qu'ils proviennent d'écoles reconnues ou non. Fait particulièrement injuste, soit dit en passant.
D'autre part, des journaux font le choix de ne laisser apparaître aucune signature sous leurs articles. Les journalistes ne sont alors que partie d'une rédaction, qui produit l'ensemble du journal. Des journaux polémiques et libertaires par exemple, comme
Le Canard du Coin à Tours. Selon les rédacteurs de ce Canard, les articles sont assumés collectivement et n'ont donc pas besoin d'être signés individuellement.

Pourtant, la signature peut être un moyen de fidéliser le lecteur : si vous aimez la plume d'un journaliste, vous irez peut-être consulter ses articles en premier. C'est souvent le cas pour les chroniques et les éditos, mais il peut en être de même pour l'ensemble des articles. D'autre part, cela permet de savoir à qui s'adresser en cas de litige, ou qui remercier si l'on est satisfait... Enfin, cela apporte au journaliste la fameuse reconnaissance évoquée plus haut.
A tel point que s'arrêter de signer peut en soi représenter une forme de manifestation.


Publié dans Médias

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
Bonjour, c'est vrai! C'est quelque chose de faire sa premiere signature. Mais depuis dix ans, j ai signe dans cinq canards dont trois à 300 000 exemplaires, en region, en locale. J ai aussi bosse en télé, et finalement, ma signature n a plus d importance sinon pour signifier à qui il faut s adresser en cas de probleme. Ensuite, il ne faut pas rêver, les lecteurs ne voient la signature a part Papa et Maman. J ai meme des gens qui m'ont expliqué ce que voulait dire le journaliste alors que je leur expliquais que c'etait moi. Cela ramene à beaucoup d humilité. l'important c est l'information vite et bien. Mais bonne continuation, et j espere que tu me feras mentir en devenant une grande plume de notre presse qui en a cruellement besoin.
Répondre
M
<br /> Je pense aussi que cela dépend des journaux... mais tout ce que tu dis est très vrai. Pour ma part, j'abordais plutôt le côté "de l'intérieur". Mais c'est vrai que la plupart des lecteurs, eux, ne<br /> remarquent pas les signatures. Quant au fait de devenir une "grande plume", on verra bien, je n'en suis pas encore là... ;)<br /> <br /> <br />
A
Bon article ! C'était le sujet de l'ESJ l'année dernière. Quand j'étais stagiaire à l'AFP, je n'ai pas souvent eu cette joie. Ca ne fait pas le même effet de voir Abr/str en bas d'une dépêche! Mais c'est pas ça l'important... C'est de transmettre l'information... Oui mais quand même!!!
Répondre
M
<br /> Bien sûr, n'oublions pas l'essentiel. Quoique parfois, avec le temps, les journalistes ont quelque tendance à l'oublier, justement.<br /> <br /> <br />
M
depuis que je travaille en hebdo je n'éprouve pas le besoin de signer car mon nom apparaît dans l'ours, ce qui n'était pas forcément le cas en presse magazine. je me contente donc de mettre mes initiales.
Répondre
M
<br /> C'est vrai qu'être dans l'ours, ça n'est pas mal non plus. Il faudra que je parle un jour de ce vieux grizzly... ;)<br /> <br /> <br />
A
J'aime beaucoup cet article Maude, mais il contient une erreur : depuis le mois de février les rédacteurs du Canard du Coin signent leurs papiers !
Répondre
M
<br /> Ah ! Je suis sûre qu'ils l'ont fait exprès ! Ils sont venus dire à la conférence qu'ils ne signaient pas, que c'était leur choix, et que c'était très bien comme ça... Et comme on leur a dit qu'on<br /> n'était pas d'accord, ils ont tout changé illico presto. C'est bien ma veine, mon exemple part en fumée ! Heureusement, j'en ai un autre, il y a le Sans Culotte 85... Enfin, leurs noms sont dans<br /> quand même dans l'ours. Et comme ils ne sont que trois rédacteurs...<br /> <br /> <br />