Universités : gare aux étudiants tourangeaux !

Publié le par Maude ML

Tours, après-midi du mardi 13 novembre.
J'avais un peu de temps libre. Sachant que le début de la grève des transports est prévu dans la soirée, et que la coordination nationale étudiante a appelé à «bloquer les gares partout en France», ma curiosité me pousse à tout hasard à la gare de Tours.
Et je me retrouve alors mêlée à une manifestation étudiante - un peu - mouvementée, qui fera le soir-même les titres des journaux télévisés de LCI, France Télévision, etc. Voici mon reportage photo improvisé qui témoigne de ces événements. Je vous propose également de regarder les images tournées cet après-midi par LCI à Tours (cliquez sur le lien).


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14h30
Rideaux de fer baissés, portes fermées... la gare de Tours semble se préparer à une véritable invasion. Seule deux portes laissent entrer les voyageurs, un peu surpris. Je crois tout d'abord à une tentative d'intrusion antérieure. Mais la boulangère de la gare m'explique que "non, aujourd'hui on n'a pas encore vu d'étudiants investir la gare..."
Je remarque que la police ferroviaire se fait un peu plus nombreuse dans l'enceinte, et des voitures de police commencent à encercler le bâtiment. "Ce qu'il se passe ? Ce sont vos collègues qui arrivent", me glisse un policier. "Ils viennent tout juste de partir des Tanneurs !"

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15h00
Quelques centaines d'étudiants arrivent à hauteur de la gare, et, encadrés par les forces de l'ordre, défilent calmement devant les portes du bâtiment, sans toutefois s'en approcher ni essayer de pénétrer dans l'enceinte de la gare.


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Devant les bureaux de la direction régionale de la SNCF, les étudiants manifestent leur solidarité aux salariés de l'entreprise de transports ferroviaires à grand coups de slogans militants. Derrière leurs fenêtres, ces même salariés observent l'agitation de la rue.

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Quelques minutes plus tard, le cortège presse le pas, puis se met à courir dans la rue qui longe les rails, devançant les policiers. Jouant au chat et à la souris avec les forces de l'ordre, les étudiants arrivent alors à la passerelle Fournier qui traverse les rails, et décident de la franchir.

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Quelque peu dépassées par la situation, les forces de l'ordre traversent directement les voies ferrovières. Des cheminots observent les étudiants qui, sur la passerelle, scandent des slogans contre le président de la république et les forces de l'ordre. Craignant que les étudiants n'envahissent les rails, la police s'est postée en bas, au bout de la passerelle, bloquant le passage aux étudiants.

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Mais le passage est forcé, et les policiers ripostent : dans la bousculade, des gaz lacrymogènes sont lâchés, et quelques coups de matraques frappent les étudiants.

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Tout cela ne dure que quelques secondes, les "lacrimo" faisant leur effet. Désagréablement touchés et surpris, les étudiants reculent, obligés de se protéger. Les forces de l'ordre les laissent finalement descendre de la passerelle.

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Le cortège reprend finalement sa marche dans le calme, toujours au son de slogans militants, et retourne près de la gare. "A ceux qui veulent privatiser la France, nous répondons RESISTANCE !" Les étudiants bloquent alors la circulation quelques minutes devant le bâtiment, puis reprennent leur marche direction l'Hôtel de Ville.

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Place Jean Jaurès, devant l'Hôtel de Ville. Pendant un long moment, les étudiants en colère bloquent la circulation, certains improvisant un "sitting" sur le bord des trottoirs.
Le cortège apprend alors que le président de l'université Michel Lussault refuse d'accueillir dans ses locaux la
tenue ce weekend de la Coordination Nationale Universitaire, ce qui devait être une première à Tours.
Les manifestants décident alors de repartir vers le site universitaire des Tanneurs afin de rencontrer Michel Lussault pour le convaincre d'accepter la réunion de la coordination.

La manifestation aura en tout et pour tout duré une heure et demie, et rassemblé quelques centaines d'étudiants (300 selon les sources policières). Mais l'épisode du gaz lacrymogène sur la passerelle aura cependant fait les titres des journaux télévisés du soir (LCI et France télévisions notamment).

Enfin, selon le site internet du fil d'infos étudiantes des Tanneurs, "après 2 heures d’occupation calme de son bureau par les étudiants, Michel Lussault a accepté de discuter avec 4 membres de l’AG et les 2 vice-présidents étudiants." Vers 20h30, M. Lussault aurait déclaré qu'une solution serait trouvée "pour mercredi midi, semblant laisser aux étudiants la possibilité de se réunir dans une salle à Tours avec le soutien financier de l’Université". Mais pour l’heure, il refuserait de "céder aux pressions et de laisser la fac pour la tenue de la Coordination Nationale Universitaire".

Le site internet ajoute que lors de la sortie des étudiants, la police aurait procédé à une arrestation d’un étudiant. Les quelques jeunes présent se seraient alors rendus aux cris de “libérer nos camarades” rue Marceau, au commissariat central. Toujours selon le même site, l’étudiant arrêté devrait être jugé en comparution immédiate, jeudi prochain.

Publié dans Société

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W
Je confirme le "on m'a dit" de Maud. Ancien ASJ, je peux vous dire que c'était chaud pendant le CPE ! Sans parler du long blocage de l'IUT !
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M
Bonsoir, "ancien ASJ" ! Je suis heureuse de voir que mon blog vous a intéressé. A bientôt, j'espère.
M
des manifs à tours ! he ben j'aurais jamais cru ça possible !
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M
Pourquoi pas ? Pourtant, selon ce qu'on m'a dit, les étudiants tourangeaux auraient été assez actifs pendant les manifestations anti-CPE de 2005...