La presse surprise par la victoire des bleus

Publié le par Maude ML

La plupart des médias français avaient parié sur la défaite de l’équipe de France contre les Blacks en quarts de finale de la Coupe du monde de rugby. Mais au matin de la victoire, les quotidiens ont unanimement souligné, à grands renforts de superlatifs, la surprise engendrée par cette victoire inattendue.

« Énorme », « Géant », « Incroyable »… la surprise exprimée ce matin par les gros titres des quotidiens français trahit le peu d’espoir qu’avaient placé les journaux dans l’équipe de France de rugby. Jean-Michel Helvig, pour la République des Pyrénées, qualifie d’« exploit » cette victoire bleue.
Dominique Quinio ne modère pas non plus son propos dans La Croix : « C’est encore plus beau quand c’est inattendu voire inespéré. (…) Anglais et Français ont fait mieux que résister : ils ont gagné. » Le journaliste reconnaît cependant que la profession est peut-être allée trop vite en besogne en annonçant les Français potentiellement perdants. « Vexés, les coqs se sont rebellés (...) L’avantage de ce pied de nez aux pronostics, c’est que personne, aussi chauvin soit-il, ne peut en déduire des qualités de vaillance, de courage, de fierté, de solidarité, d’abnégation strictement nationales. »
Son confrère Bruno Dives semble partager le même point de vue dans Sud-Ouest : « Seules les batailles qui ne sont pas livrées sont perdues d’avance. » Et il poursuit en qualifiant cette victoire de « grande et immortelle leçon ». Celle-ci pourrait même servir d’exutoire à la « faillite, [à la] rigueur, [et au] chômage [qui] viennent assombrir l’ambiance », avance Hervé Cannet dans la Nouvelle République de Centre-Ouest.
ballon-rugby.jpgPlus critique – ou peut-être amer d’avoir dû réécrire son article ? – Jacques Camus est seul à avancer que la France n’a pas si bien joué que cela, dans un commentaire très tranché, avec pour objectif d’« éviter le délire collectif ». Selon lui, ce seraient plutôt les All Blacks, qu’il qualifie d’« énormes benêts transformés en "manieurs de viande" » qui auraient été « paumés, trop sûrs d’eux, mal préparés ».
Morale de l’histoire ? Rien n’est joué avant le coup de sifflet final, et les journaux seront sans doute plus sages à la veille du match France – Angleterre, samedi prochain.
 

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